Les naufrages

Le naufrage de l'Indian

Une exposition singulière vient d’être inaugurée à Meneham, dans la maison de site. Elle retrace le naufrage d’un navire anglais au large de Kerlouan : « le 10 décembre 1817, à 4 h du matin, l’Indian, un trois mâts anglais d’environ 500 tonneaux, ayant à son bord 193 personnes, est jeté par la tempête sur les écueils du littoral de Kerlouan ».

Lors du vernissage, Olivia Hulot, scientifique au Drassm (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines), et archéologue sous-marin, a présenté une exposition passionnante aux élus de la communauté et à ceux de la commune.

Une histoire kerlouanaise

« Au-delà de l’histoire du naufrage de l’Indian, le patrimoine sous-marin recensé au large de Kerlouan est riche et méconnu. Pourquoi ne pas imaginer qu’un jour, un musée soit en mesure de restituer l’histoire de ces épaves au public. » Cette suggestion avait d’ailleurs été faite par le président de l’association Environnement et patrimoine, Christian Joncour, dans son discours d’introduction.

« En 1992, un plongeur de Kerlouan, Yves Loiselet, déclare aux affaires maritimes une épave située sur les roches de Karrec Hir. » Une caronade gravée portant la date de 1804, des boutons d’uniformes et une pièce de bois ensablée longue de 25 m… Il y avait de quoi éveiller la curiosité.

Le travail historique qui démarre sur ces bases révélera que le navire anglais transportait des volontaires anglais et irlandais.

Une enquête historique et scientifique

Il faisait partie d’une expédition de six navires chargée de prêter main-forte aux révolutionnaires vénézuéliens en lutte contre le gouvernement espagnol. « Grâce aux recherches de Claude Gestin puis de René Ogor, l’épave naufragée a pu retrouver son nom et son histoire. »

En 2012, le navire de recherche de la Drassm, l’André Malraux, procède à des sondages archéologiques. Malgré le pillage de plongeurs peu scrupuleux, de nombreuses découvertes encouragent la poursuite d’opérations. Aujourd’hui, ce bateau est de retour et se lance dans une campagne de fouilles pendant plusieurs semaines sous la responsabilité d’Olivia Hulot. « L’exposition de Meneham raconte une page de l’histoire maritime du Pays Pagan à travers la présentation d’objets et de mobiliers archéologiques de l’Indian. »

 

 

 

Le 10 janvier 1817, à 4h du matin, l’Indian, un trois-mâts anglais d’environ 500 tonneaux, ayant à son bord 193 personnes, est jeté par la tempête sur les écueils du littoral de Kerlouan. Le navire est totalement brisé et broyé. Au petit matin, les riverains découvrent l’ampleur du désastre. La plage de Karreg-Hir est couverte de cadavres. Au fil des jours, 143 corps seront retrouvés. Des ballots de marchandises, des caisses d’uniformes, des pièces de gréement jonchent l’estran.

Exposition à Meneham

Près de 200 ans plus tard, ce tragique passé refait surface. Après une première expertise sur le site en 2012, les archéologues du département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, service à compétence nationale du ministère de la Culture, vont en effet revenir pour une évaluation plus complète des vestiges. En attendant de voir évoluer l’André-Malraux et ses plongeurs, visiteurs et habitants sont conviés à découvrir une riche exposition, « L’Indian, les vestiges et l’histoire d’un naufrage oublié », à la maison de site du village de Meneham. Cette présentation d’objets retrouvés s’enrichit de panneaux explicatifs sur la présence de ce navire faisant route vers le Vénézuela, chargé de soldats, comme sur la manière dont sont menées fouilles et recherches. Chacun peut ainsi tour à tour endosser le costume d’historien, d’enquêteur ou de simple enfant forcément émerveillé à l’évocation d’aventures maritimes.

Pratique Jusqu’au 30 novembre, tous les jours, de 10h à 12h30 et de 14h à 19h (gratuit).
© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/local/finistere-nord/brest/lesneven/lesneven/naufrages-au-pays-pagan-quand-le-passe-refait-surface-14-07-2013-2171503.php#lbDFLKaS0cDMeS9X.99

La tempête de décembre 1817 et le naufrage de l’ Indian

Jacques Boucher de Perthes indique que dans la nuit du 9 au 10 décembre 1817 six bateaux auraient été victimes de éléments déchaînés entre Roscoff et l’Aber-Wrac’h et que plus de 450 marins et passagers seraient morts dont 193 à bord de l’ Indian, un transport de troupes anglais, qui se serait échoué à hauteur de Plouguerneau. Ce témoignage de Jacques Boucher de Perthes était toutefois contesté, aucun autre témoignage des faits qu’il relate n’existant et aucune autre trace historique de l’existence de l’ Indian n’ayant été trouvée29. Toutefois, en 1992, un plongeur de Kerlouan a trouvé quelques vestiges de l’épave près des rochers de Karrek Hir en Kerlouan permettant d’identifier ce navire, un trois-mâts anglais de 500 tonneaux qui partait prêter main-forte aux révolutionnaires vénézuéliens en lutte contre le gouvernement espagnol30.

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La cloche de l’Indian